Effets néfastes du parfum sur la Nature

Contrairement à ce que l’on aurait pu croire les parfums synthétiques et naturels ont un effet sur notre environnement. Les parfums contiennent des Composés Organiques Volatiles (COV) qui se dispersent immédiatement dans l’air. Une fois dans l’air, ils contribuent à la pollution à l’intérieur comme à l’extérieur des bâtiments.

Les parfums contenus dans les nettoyants et les produits lessiviels se retrouvent quant à eux dans les eaux. Les parfums ne sont pas éliminés par les différents traitements que l’on fait subir à l’eau pour l’épurer et ils sont toxiques pour les organismes aquatiques. Certains produits sont donc retrouvés dans des poissons que l’homme consomme. Ces produits toxiques pénètrent alors dans notre organisme et peuvent être la cause de certaines maladies tel que le cancer.

Des biologistes de l’Université de Stanford ont mené des recherches, avec des moules et du musc, pour montrer l’impact des parfums sur notre environnement. Lorsque les branchies des moules furent exposées à de l’eau avec une faible concentration en musc (celui que l’on retrouve dans nos bouteilles de parfums), ces dernières ne furent pas empoisonnées. Après deux heures les scientifiques lavèrent les branchies dans de l’eau pure (sans musc) et les mirent dans du colorant rouge. Les branchies absorbèrent alors le colorant : phénomène inattendu. Les cellules des branchies décèlent normalement les substances qu’elles ne connaissent pas et empêchent leur organisme de les ingérer. La cause provenait au fait que lorsque l’on avait mis les branchies dans le musc ce dernier avait détruit les cellules qui normalement décèlent les substances inconnues. Les humains ainsi que beaucoup d’autres espèces fonctionnent de même.

Les muscs de synthèse sont plus faciles à obtenir que leurs équivalents naturels dérivés de plantes ou de glandes animales. Ils sont en général divisés en trois groupes de substances présentant des propriétés analogues mais de structure chimique différente. Ce sont les muscs nitrés (xylène musqué XM et cétone musquée MK), les muscs polycycliques (galaxolyde HHCB et tonalide AHTN) et les muscs macrocycliques. Les deux premiers groupes constituaient en 2004, 95% du marché européen des muscs synthétiques. Très largement utilisés, ils se retrouvent dans de nombreux produits de consommation courante à la maison. Comme ce sont des composés chimiques qui ne se dégradent pas facilement, ni dans la nature, ni chez les êtres vivants, ils sont de plus en plus présents dans l’environnement. Les muscs synthétiques s’accumulent dans les sédiments des lacs et sont détectés en concentration variable chez des oiseaux maritimes, des poissons et des mollusques. Ils sont également détectés dans le sang humain et le lait maternel. En effet, le musc synthétique est élaboré pour durer et chaque année l’industrie en produit environ un million de kilogrammes.

Pour lutter contre cet amoncellement de produits nocifs dans la nature, les scientifiques tentent aujourd’hui de reproduire les molécules des composants de ces produits de façon à ce que ces copies soient biodégradables.

Pour les parfums naturels les laboratoires utilisent en très grande quantité les végétaux. Cependant, 10kg de pétale de roses sont nécessaires pour extraire seulement 10mL d’huile essentielle. Ce procédé n’étant pas rentable économiquement, les chimistes ont été amenés à recréer en laboratoire la molécule odorante de la rose.

L’obtention de certains composants naturels nécessite la mort des animaux ou leur impose des conditions de vie déplorables. Il existe quatre substances ayant une origine animale : le musc, la civette, le castoréum et l’ambre gris.

Le musc est obtenu par une sécrétion du chevrotin mâle du Tibet ; le monde de la parfumerie se l’arrachait, en effet sa glande était renommée pour avoir une odeur très puissante et un rôle de fixateur excellent (ses molécules développent les odeurs). Il était donc très utilisé dans la parfumerie de luxe et devint l’animal le plus cher (il coûtait 10 fois plus cher que l’or).  L’animal est aujourd'hui très protégé , c’est pourquoi la molécule du musc a été synthétisée en laboratoire.

La civette est un petit mammifère au pelage gris jaunâtre tacheté de noir. Celui utilisé en parfumerie vit en Ethiopie : le "Viverra Civetta". Il donne son nom à un produit parfumé " la civette ",une pâte jaune qui s'accumule dans une poche située entre l'anus et les organes génitaux. Dans la nature, l'animal libère " la civette" en se frottant contre un arbre ou une pierre. En élevage, l'animal est placé dans une cage étroite où il est excité pour ensuite récupérer "la civette" par grattage.

Le Castoréum  provient du castor du Canada et de Sibérie. Il est extrait de glandes placées entre l'anus et les glandes génitales chez le mâle et la femelle. C'est un produit huileux que le castor passe sur sa fourrure et sa queue pour éviter d'être mouillé par l'eau. Cette odeur sert aussi à marquer son territoire. Le castoréum est un excellent fixateur utilisé dans les parfums.

L'ambre gris se retrouve flottant à la surface des océans au large de Madagascar, de Coromandel en Inde ou près des côtes de Chine. C'est une sécrétion de l'intestin du cachalot. Il le libère au cours de sa vie. Comme sa récolte est hasardeuse, les cachalots sont chassés pour le récupérer. On le laisse sécher 2 à 3 ans avant de l'utiliser. Son odeur s'affine et devient très agréable.

            Ces pratiques ont parfois conduit à des  trafics d’animaux et le nombre de certaines espèces dans le monde a de ce fait considérablement diminué. Ainsi, 2 millions de chevrotins porte-musc ont été tués entre 1950 et 2003, victimes du braconnage. Aujourd’hui leur population a diminué de 95%.

De plus, les produits naturels sont moins fiables que les produits synthétiques au niveau qualitatif : une orange trop sucrée, ou un animal en mauvaise santé peuvent influer sur la qualité du produit final.

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